samedi 25 mai 2013

Sorcellerie et banques centrales

Ce titre n'est pas de nous, mais des publications Agora, éditant la "Chronique" éponyme à laquelle il nous est déjà arrivé de faire référence dans ce journal. Il nous a paru tellement cocasse de lire la confrontation entre le très sérieux discours financier et le folklore du vocabulaire ésotérique, pourtant particulièrement adéquat, que nous n'avons pas résisté au plaisir de vous en adresser un extrait significatif. En outre, la pertinence des arguments de cet article mérite amplement le temps nécessaire à sa lecture, tant le monde de la finance est une arnaque planétaire qui dure, qui dure, et qui dure encore,... et qui serait promis à un avenir quasi éternel si nous ne cessions d'intervenir afin de faire échec aux tentatives de guerre menées par les États-Unis, en tant que seul secours possible à la perpétuation de ce système financier débilitant: "tout faire péter" pour ensuite tout reconstruire sur le même modus operandi, encore et encore! Ce pourrait être une définition possible du chaos.

Fort heureusement, ce schéma ne sera jamais plus reproduit, quoi qu'il advienne! Oups... pardonnez-nous, nous avions promis d'éviter les "prophéties" sur ce médium d'informations. Tant pis, on ne le refera plus c'est promis.

En attendant, voici l'extrait de cet article édifiant de pertinence, rédigé par Eric Fry (le lien vers l'article intégral, datant du 1er mai 2013, est donné au bas de cette page).


Il y a quelques mois, l'analyste James Grant, fin observateur des marchés financiers, a fait une comparaison entre "la sorcellerie d'un côté et les banques centrales modernes de l'autre".

Grant a présenté cette comparaison inédite lors d'une conférence sur "Les décisions d'investissement et la finance comportementale" à la Harvard Kennedy School.

"Je ne vais pas définir les termes en détail", a commencé Grant. "Les sorcières, comme vous le savez, jettent des sorts, appellent la tempête et volent sur des balais pour se rendre à des rendez-vous nocturnes diaboliques. Les banques centrales modernes court-circuitent les mécanismes de prix, font apparaître de l'argent à partir de rien et cherchent à stimuler la croissance économique en faisant grimper les prix des actions".

En d'autres termes, les deux activités sont en grande partie basées sur une sorte de mysticisme -- qui commence avec la notion que combiner des ingrédients étranges dans un chaudron peut faire de la magie... et se termine avec la notion que de simples mortels peuvent se vanter de posséder des pouvoirs surnaturels.

L'"oeil de triton" de Ben Bernanke, c'est l'assouplissement quantitatif, ou quantitative easing (QE). Selon le folklore, Bernanke jette des sorts bénéfiques simplement en ajoutant la bonne quantité de QE dans le chaudron économique, au bon moment.

"On pourrait presque appeler cela de la sorcellerie", conclut Grant dans son discours.

Grant soulignait également un parallèle extrêmement frappant, et quelque peu alarmant, entre la sorcellerie et la banque centrale. Les deux superstitions ont émergé puis prospéré durant des périodes de relatif progrès. Les deux croyances ont été adoptées par des populations éduquées et éclairées.

Citant un essai intitulé "La folie de la sorcellerie au 16ème et 17ème siècle", de l'historien britannique H.R. Trevor-Roper, Grant a remarqué que "'la croyance dans les sorcières n'était pas', écrit Trevor-Roper, 'une antique superstition qui survivait en attendant de disparaître. C'était une nouvelle force explosive, qui s'est développé de manière régulière et terrible au fil temps'..."

"'La crédulité augmenta même en haut lieu ; ses moyens d'expression s'aggravèrent, on leur sacrifia plus de victimes. Les années 1550-1600 furent pires que les années 1500-1550, et les années 1600-1650 furent pires encore... Si ces deux siècles ont été un âge de lumières, nous devons aussi admettre que, sous un aspect en tout cas, le Moyen-Age était plus civilisé'."

- Quand la Fed croit à sa propre magie
Après avoir réfléchi aux observations de Grant, un investisseur aurifère ne pouvait s'empêcher de penser au "Moyen-Age" de l'étalon-or, par contraste avec les "Lumières" de la banque centrale.

Durant le Moyen-Age monétaire, les devises adossées à l'or évoluaient seules, sans l'appui des enchantements tissés par les banques centrales.

Mais l'Age des Lumières monétaires a changé tout cela. Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale a commencé à jeter ses sorts il y a 100 ans, et depuis, le dollar US est ensorcelé. Le billet vert a perdu 97% de son pouvoir d'achat depuis que la Réserve fédérale est née.

L'envoûtante magie de la Fed continue malgré tout. Ben Bernanke concocte ses bouillons de QE1 jusqu'au QE Infini, tandis que d'autres alchimistes de la Fed publient des manuscrits aussi édifiants que le récent Calculer les modèles d'équilibre stochastiques dynamiques avec les préférences récursives et la volatilité stochastique.

Etant donné leur impressionnant assortiment de charmes et de potions, il n'est pas étonnant que les magiciens de la Fed croient à leur propre science occulte ; la surprise, c'est que les investisseurs et le public y croient aussi... et restent sous le charme des sortilèges de la Fed.

Cette semaine encore, le président Bernanke a répété son incantation familière : "plus de QE... plus de QE... quoi qu'il arrive... plus de QE".

Les marchés ont promptement rebondi. Les masses ont été impressionnées par son pouvoir.Lire la suite / Article original


Néanmoins, nous vous engageons à ne pas être tenté de stigmatiser les banques en les souhaitant au diable, vous iriez immanquablement dans le sens de ceux qui les ont créées!
Ne dit-on pas qu'on combat le feu par le feu? Que celui qui combat par l'épée périra par l'épée?
Il y a là quelque chose à comprendre... A méditer aussi.

5 commentaires:

  1. Sauf erreur de ma part, l’article situe le système bancaire sur le même plan que la magie disons « noire » ou tout au moins d’une organisation visant le but de tirer un large profit au bénéfice d’une minorité.

    L’article évoque un mode opératoire similaire pour les deux organisations, mais au-delà de cette notion, il y a la mise en place d’un système d’emprise sur base des peurs qu’éprouvent les hommes du manque (à tous les niveaux) et surtout de la mort, et comme on sait que ces deux notions se reflètent sur tous les plans confondus, cela induit pour le système bancaire un très large spectre d’action allant du plus profond plan dense à la partie la plus subtile de l’humanité... Mais ce n’est pas là la seule chose qui les rapproche car encore faut-il que les opérateurs aient un point en commun… La capacité à manipuler (au sens premier du terme) autant les hommes que les structures institutionnelles, sans lesquelles il est impossible d’obtenir l’énergie nécessaire dont ils ont besoin, qu’il s’agisse de nourriture subtile ou de monnaie sonnante et trébuchante.

    Au final, l’approche de l’article n’est pas infondée car dans les deux cas car l’emprise débouche sur une organisation à caractère « sectaire » dont il est particulièrement difficile de s’extraire du fait de sa systématique récupération de tout ce qui entre dans les rouages de ce qu’il convient d’appeler « la croissance ».

    Aujourd’hui il serait particulièrement ardu de sortir véritablement d’un système économique tel que celui qui s’applique aux pays « industrialisés » sans une aide de la part du système lui-même, et qu’il ne dispensera pas, du simple fait qu’il constitue un égrégore d’une force colossale et qu’en tant que tel, il n’en a très probablement pas l’intention… Ne l’oublions pas.

    A mon avis, il faudrait peut-être le convaincre d’une façon plus… subtile.
    Subtile comme l'est la… Sorcellerie.
    Ne combat-on pas le feu par le feu ?

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  2. Bonjour !

    Donc si je comprends bien vous allez utiliser un principe subtil magique supérieur pour contrecarrer les misérables préstidigitations pécunières de l'ombre. Serait-ce le pouvoir de l'argent que vous leur avez enlevé, leur toute dernière carte que vous avez récupéré ?

    Bonne continuation aux Chevaliers initiés et aux autres Chevaliers dans l'âme !

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    1. Bonjour à vous,

      Non pas du tout, c'est beaucoup plus simple que ça, beaucoup plus imparable, et beaucoup plus improbable aussi. Vous comprendrez je pense que nous ne puissions abattre nos cartes ici-même, mais tout est déjà en place pour le passage à l'action, et nombre de places sont déjà investies dans la totale ignorance des actuels gestionnaires du système qui s'y trouve. Soyez assuré que ce qui va se produire (en quelques mois tout de même) pourra très difficilement passer inaperçu.

      Il ne reste plus qu'à attendre que l'heure ait sonné, ni avant, ni après. A l'heure Juste.

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  3. A la bonne heure !
    Voilà qu'il est doublement le cas de le dire.

    Merci,

    OM

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  4. Cher Haïk,

    N'oubliez pas, un magicien n'est jamais en retard, il arrive précisément à l'heure prévue !

    ;)

    Apparté, ces égrégores gigantesque tel que celui décris par Sabe sont oour moi vraiment à rapproché avec les titans de la mythologie grecque. Je ne sais pas si ont peu les duper en tout les cas je suppose qu'il est possible malgré tout d'utiliser leur propre force afin de les transmuter...

    OOOOOOMMMMM

    Benjamin

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